De Tana à Morondova !

Tana à Morondova, semaine 1
Nous commençons, avec Myriam, par parcourir plus de 1 500 km avec un chauffeur guide local, Fénou. Ce trajet est long et fatiguant mais vaut le détour pour découvrir les paysages de cette partie du pays et avoir un aperçu des conditions de vie de la population. C’est aussi l’occasion de discuter avec Fénou qui nous partage de nombreuses anecdotes et traditions de son pays.

Antsirabe et retournement des morts

Nous partons tôt le matin depuis Tana pour rejoindre Antsirabe; il y a environ 4h de route. La ville de Tana est bruyante, agitée, elle me rappelle un peu Delhi en plus organisée. À la sortie de la ville, un bassin fabriqué au détour d’une rivière sert de « piscine » (comme l’appelle Fénou) dans lequel enfants et adultes se lavent, et lavent le linge. Il y a de nombreuses rizières, dont certaines qui nous interpellent; des briques y sont fabriquées. Fénou nous explique que lorsque le terrain de la rizière a été exploité pendant une saison, des briques y sont fabriquées; vous pourrez en lire le détail via la page de ce blog, qui nome également « Jean Laborde ». C’est une personne reconnue à Madagascar pour avoir introduit de nombreux procédés de fabrication dont le premier four à brique, la fabrication du savon… notre guide nous en parle avec beaucoup de respect et reconnaissance.

Après 3 à 4h de route, nous arrivons à Antsirabe, ville des hautes terres de Madagascar de la région de Vakinankaratra et d’environ 260 000 habitants. Après avoir discuté avec un « homme zébu », Fénu nous propose de découvrir une fête traditionnelle dans le petit village de Amboamanabe à 1h marche : le retournement des morts ou Famadihana !

Nous ne sommes pas totalement rassurée mais c’est l’occasion de découvrir des traditions au cœur du pays. Après un passage rapide au marché local pour acheter quelques bananes en guise de déjeuner, nous nous rapprochons au plus près du village avec la voiture et continuons à pied dans les collines à travers les rizières. Les paysages sont superbes, nous croisons plusieurs habitants sur ce chemin, des enfants allant à l’école, des femmes transportant sur leur tête des vivres,…

Retournement des morts ou Famadihana
Il n’est pas simple de trouver des informations sur cette tradition, en voici un résumé de ce que Fénou et le chef du village nous ont partagé, et de quelques articles sur internet:
Chaque année, l’arrivée de l’hiver marque le retour des famadihana. Un moment capital pour les familles, où les défunts intègrent leur statut d’« ancêtres », intercesseurs entre les hommes et les Dieux pour réaliser les vœux de la famille. Même si leur croyance est chrétienne, de nombreuses personnes croient encore un dieu supérieur qui intègre ces traditions.
Chaque village choisit sa date pour la cérémonie collective et chaque famille décide de quels défunts elle retournera cette année-là. Un mort est retourné 5 à 7 ans après son décès en fonction des économies réalisées par la famille pour organiser cet événement. Un mort peut être « retourné » plusieurs fois au fil des ans. Cette cérémonie consiste à exhumer le mort pour changer le linceul qui enveloppe le corps, transformer la tristesse en joie et faire une grande fête. Les familles qui organisent cette fête accueillent l’ensemble des habitants du village pendant 2 jours
Le premier jour (andro fidirana), le ou les zébus sont tués pour être mangés, un grande fête a lieu avec danse, nourriture et beaucoup d’alcool. Le deuxième jour (famokarana), la famille et les invités sont conviés au repas.
Tout le détail ici !

Assister à cette tradition nous a beaucoup marqué ! C’est très prenant… nous étions les uniques touristes avec un couple. J’ai eu l’occasion de discuter avec le chef du village qui était très fier de notre présence et de me raconter comment cette coutume se déroule. La fille d’un défunt nous expliquait que ce moment est très joyeux et permet aux familles de se retrouver.

Nous dormons à Antsirabe dans l’hotel Lovasoa 4C; hotel propre, proche du centre ville et charmant d’un style colonial. Vous trouverez facilement des restaurants dans la ville, n’hésitez pas à demander conseil à votre hôtel. Vous verrez de nombreux « hommes zébus » dans cette ville, c’est difficile pour nous occidentaux d’accepter de voir un homme courir parfois pieds nus pour emmener des Hommes d’un point A à un point B, cependant cela est un moyen de transport utilisé et qui permet de gagner de l’argent pour nourrir leur famille. Notre chauffeur a insisté pour que l’on en prenne un pour nous emmener au restaurant; nous lui avons donné plus que le prix standard. Si je me souviens bien, ils louent le tuck-tuck 3euros la journée, soit 4 000 aviary, et la course coûte quelques cents, je n’en ai plus le souvenir exact, mais il faut de nombreux trajets pour rentabiliser leur location et gagner de l’argent.

Direction Morondova à la découverte des Baobabs

Nous prenons la longue route descendre à Morondova, il faut environ 8h. Nous traversons des paysages arides, des fleuves au niveau d’eau très bas dans lesquels la population se lave; l’eau est d’un marron très foncé. Fénou nous explique que lors de cette saison sèche, des habitants sont attaqués par les crocodiles… Nous prenons réellement conscience de la pauvreté en traversant les villages dans lesquels les familles vivent de rien. Leur maison sont toujours traditionnelles composées de terre crue (de nouveau c’est Jean Laborde qui a introduit cette technique en 1831) au toit en paille souvent appelées « trano gasy ». Ils vont chercher l’eau au puit. Ils cuisinent à même le sol.
L’unique route permettant de rejoindre Tana au sud du pays est en très mauvais état; sur le trajet des habitants bouchent les trous avec de la terre et attendent en retour de l’argent de la part des chauffeurs. Cela peut paraitre étrange, mais vraiment cela change le temps de trajet lorsque les trous sont bouchés. Sur le chemin, nous rencontrons également des chercheurs d’or: ils travaillent aujourd’hui en indépendants. Comme vous pouvez le voir sur la vidéo ci-dessous, ils cassent la roche pour en extraire de fines particules d’or et le vendent.

Nous continuons cette longue route difficile mais qui est une vraie expérience que je recommande et que nous apprécions 🙂 Nous approchons de la célèbre route des baobabs. Les premiers se dessinent au loin…, leur forme atypique est impressionnante: tronc large et haut avec à son extrémité cette amas de branches!
Nous arrivons 1h avant le coucher du soleil, ce qui laisse le temps d’apprécier la beauté des baobabs aux différentes couleurs de cette fin de journée et le si joli coucher de soleil…
Les baobabs émergent de la savane, 6 espèces sur 8 sont endémiques à Madagascar. Ceux de cette région mesurent jusqu’à 25 mètres de haut et peuvent vivre jusqu’à 1 500 ans. On dit qu’ils sont les ancêtres du monde!
Son surnom d’arbre bouteille est dû à son bois mou et spongieux constitué d’environ 80 % d’eau.


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